Wednesday, June 18, 2008

Un accès au web sous contrôle d'Adobe


C'est une chose bien curieuse que la disponibilité d'un plugin web de 3 Mo détermine le choix de l'architecture hardware que vous pouvez employer sur votre poste de travail. Car si votre combinaison CPU/Système d'exploitation ne se trouve pas dans la liste bénite du support d'Adobe vous allez pourtant passer a coté de tous les sites web utilisant Flash, c'est a dire 20% du contenu du web de nos jours.
Et malheureusement c'est mon cas puisque j'utilise Debian GNU/Linux sur PowerPC.

Envie de revoir le but du jour ? Flash. Envie de suivre Maddox ? Flash. Envie de voire des stats Google Analytics ? Flash. Envie d'écouter ce mp3 sur la page du groupe vu hier en concert ? Flash. Envie de postuler a un emploi ? Flash. Envie de voir une demo d'un logiciel opensource ? Flash.
J'ai utilisé pendant plus d'un an Gnash 0.8.1, mais sa compatibilité reste encore limitée ( essentiellement les bandeaux publicitaires de libé ... ) De plus depuis que youtube a sorti la nouvelle version de son player, je ne peux plus lire aucune video en ligne. Et la libstdc++ de Debian 4.0 est apparemment trop ancienne pour compiler la nouvelle release 0.8.2 de Gnash.

Bien sûr si vous avez des ressources et de l'entregent il est toujours possible d'acheter le SDK Flash pour le porter sur votre plateforme exotique préférée comme je suppose que Nokia l'a fait pour sa tablette Internet N810. En attendant force est de constater qu'après la qualité des filtres d'OpenOffice pour les documents MS Office et l'apparition du couple IcedTea/java-gcj-compat-plugin pour les plugins javas, Flash reste le dernier bastion des formats de données propriétaires; mais plus qu'un bastion c'est une vraie Bastille !
Et pour paraphraser Rochefoucauld à Louis XVI c'est plus qu'une révolte qu'il nous faut, c'est une révolution.

Tuesday, May 20, 2008

Quand on prête son portable ...

à une copine polonaise c'est agréable de pouvoir lui fournir un environnement de travail 100 % polonais ( y compris Gnometris ... ) La démarche à suivre sur Debian/Ubuntu en trois commandes sur le wiki gcu:

Mon bureau à l'origine:


Version polonaise:

Tuesday, April 22, 2008

Worse Is Better versus The Right Thing dans le logiciel libre

Worse is better, qui pourra se comprendre schémaiquement en "le plus c'est simple, le mieux ce sera tire son nom d'un article du spécialiste Lisp Richard Gabriel. Dans cet article écrit en 1989, Richard Gabriel explique comment Unix et le C l'ont emporté commercialement et dans la recherche par rapport à Lisp et aux machines Lisp, bien que celles ci semblaient initialement bien mieux conçues. Pourquoi ? Le développement Worse is Better met l'accent sur la rapidité du développement et la simplicité de l'interface, ce qui permet au logiciel de croire rapidement en fonctionnalités et d'être porté facilement, alors que le développement "The Right Thing" met d'abord l'accent sur la perfection de la conception et de l'implémentation. Un exemple est Mysql versus Postgres, où Mysql a représenté longtemps un SGBDR simple et rapide, mais qui implémentait peu de fonctionnalités SQL ANSI.

Le tableau suivant propose suivant une gradation Worse is Better versus the Right Thing, dans le stack du logiciel libre, suivant ma propre expérience d'administrateur système et diverses lectures.


Références externes:

NB: en aucun cas ce tableau ne représente un quelconque jugement de valeur des logiciels mentionnés.
Un désaccord ? Des exemples a rajouter ? Le document source est disponible ici.

Tuesday, April 1, 2008

Installer une console série pour NetBSD

En ce moment je teste un certain nombre de procédures de migration machine physique ==> machine virtuelle, la dernière en date étant la migration d'un routeur Soekris 4801 dans une machine qemu.
Seulement voila je n'aime pas trop la console SDL sur laquelle boote qemu par defaut et je préfère bien mieux avoir les messages de démarrage de NetBSD dans un terminal X.
Pour cela il faut configurer NetBSD pour utiliser une console série, ce que j'ai documenté sur le wiki gcu (le logiciel libre, ça se documente mieux dans un wiki ) et lancer qemu avec la ligne de commande suivante:

qemu -nographic -hda /fatc/qemu/soekris.img -redir tcp:2222::22

Ce qui nous donne le résultat suivant:

PS : Je suis a la recherche d'un wiki anglophone sympa pour laisser un Multiboot killing Howto qui explique comment migrer votre installation windows existante dans une machine virtuelle utilisable avec vmware player. Si vous avez des idées ...

Friday, February 29, 2008

Xen p2v howto: migration d'un OS d'une machine physique vers une machine virtuelle

Il existe beaucoup de docs sur internet expliquant l'installation from scratch d'une machine virtuelle, mais bien peu montrant comment migrer un OS déjà installé vers une machine virtuelle.
Cette doc est base sur mon expérience de migration d'un serveur Debian tombant en ruine sur un server Xen Suse, cependant il n'y a rien de distro spécifique la dedans, et l'équivalent devrait même être possible sur Solaris et NetBSD.

Wiki versus Blog / Forum pour la documentation libre

Il serait difficile de reprocher aux systèmes libres leur manque de documentation. Entre les pages de man, les fichiers de conf largement commentés, les verboses modes et autres howto, wiki, blogs, forums, on a affaire a une prolifération de documentation malheureusement pas toujours organisée. Une tendance actuelle est de documenter dans son blog pas mal de choses intéressantes qui serait bien mieux placée dans un wiki. Pourquoi écrire de la doc technique dans un wiki plutot qu'un blog ou une page perso ?
  • le wiki est maintenu par une communauté, ce qui fait que sa pérennité est plus assurée sur le long terme qu'un blog qui depend de votre bon vouloir ou de celui de votre hebergeur.
  • le wiki est modifiable par quelqu'un d'autre a commencer par vous meme, contrairement par exemple a de nombreux forums en lignes qui ne permettent pas de reéditer vos propres posts
  • pourquoi ne pas s'essayer des maintenant a une expérience de travail collaboratif plutôt que de faire les choses dans son coin ?
Il y a cependant deux obstacles a l'utilisation du wiki en general.
Le premier est que la plupart du temps un contributeur de wiki reste anonyme par rapport a un auteur de blog qu'on peut contacter directement pour signaler une erreur ou demander une explication. Le deuxième est que la contribution a un wiki étant bien plus anonyme qu'un beau blog ou l'avatar personnalisé d'un forum, la "part de gloire" de l'auteur est bien moindre. Je connais plusieurs blogs techniques incluant des tutoriels bien detailles, dont je peux citer le nom de l'auteur, mais je serais bien en peine de citer le nom d'un contributeur Wikipedia

Le projet Knol de Google est supposé résoudre ces deux problèmes en associant chaque article de sa base de connaissance a un auteur clairement identifie, qui pourra se remunerer en plaçant des google ads sur son article. Outre le problème qu'un moteur de recherche s'occupe maintenant de generer du contenu, il existe une facon beaucoup plus simple d'identifier vos contributions.
Il suffit d'annoncer sur votre blog/forum préféré les articles que vous avez écrits, et en indiquant votre nom/pseudo et votre email dans l'entête de votre article wiki ( comme le font par exemple certains membres de gcu, suivre les liens tips )

En conclusion pour documenter quelque chose, le mieux serait de commencer essayer de l'inclure dans la documentation officielle de son système ou dans un wiki et enfin d'utiliser son blog/forum/page perso pour des astuces courtes ne depassant pas quelques lignes.

Tuesday, January 29, 2008

Les 5 raisons du succès d'Ubuntu Linux

Il n'existe pas de mesure vraiment fiable de la diffusion d'un logiciel que chacun peut soi même distribuer, et le seul site web cherchant a mesurer la popularité des différents systèmes libres, distrowatch, remarque lui meme que ses méthodes n'ont pas grand chose de fiable. D'après le CEO de Canonical, Mark Shuttleworth, Ubuntu comptait 8 millions d'utilisateurs en Decembre 2006, un chiffre significatif, même si ile ne représente qu'une goutte d'eau compare au 800 millions d'ordinateurs personnels dans le monde. Si on utilise un indicateur tel que Google Trends on observe une croissante quasi contenu du mot clé ubuntu. Un troisième indicateur intéressant serait de connaître les résultats de Canonical, mais celle ci n'est pas cotée et ne communique pas sur ses résultats.
Cette percée d'Ubuntu sur le marché bien chargé des distributions linux s'explique par plusieurs facteurs, certains non spécifiques a Ubuntu, mais dont la combinaison a ete decisive.

  1. Démarrage sur une base robuste
    Comme remarque precedemment sur ce journal, Ubuntu a beaucoup emprunté a Debian: developpeurs, systeme de packaging, wiki, philosophie du libre. Ce fait est largement connu et partagé par ailleurs avec Linspire et Mepis. La où Ubuntu a innové c'est en se présentant comme une continuation de Debian plutôt qu'un fork, et en faisant de leur contribution a Debian un argument de marketing ( sans intention péjorative dans le terme)
  2. Expédition de CD ubuntu dans le monde entier à titre gracieux
    Je peux dire que quand on reçoit ses deux CD ubuntu dans une belle jaquette marron, expliquant ce qu'est le logiciel libre, que le contenu du CD est librement expiable, on n'a qu'une envie c'est de l'installer et de le passer autour de soi. Dans un monde de l'immatériel comme celui du logiciel libre, l'arrivée dans le réel d'un objet de logiciel libre avec un superbe packaging et idéologie humaniste est quelque chose d'assez rare. Combien de CD ont été envoyés par Canonical ? Dans ce thread un employé de Canonical annonce le chiffre de 500 000 CD fin 2004.
  3. des nouvelles releases tous les 6 mois
    La recommandation "release early, release often" d'Eric Raymond est appliquée a la lettre par Ubuntu qui de surcroît gate ses utilisateurs avec des versions alpha dans l'intervalle des releases principales. Plusieurs autres projets comme Gnome et OpenBSD fonctionnent aussi suivant ce modèle depuis plusieurs années. Personnellement, je préféré les projets qui font des releases moins fréquentes axée sur la stabilité, mais il semble que la majorité des utilisateurs préfèrent avoir les dernières fonctionnalités a tout prix. Un autre avantage méconnu de ce mode de développement est tout simplement ... la publicité. En effet tous les 6 mois, sites d'informations, blogs, et chats vont parler de la nouvelle release et finalement entretenir un buzz quasiment permanent autour de la distribution. Si une nouvelle release survient tout les deux ans, voire tous les trois ans, il est évident que vous aurez comme publicité les utilisateurs mécontents de l'attente. La version release d'Ubuntu est justement survenue en Octobre 2004 quand l'attente de la nouvelle version officielle de Debian ( 3.1 dite Sarge ) se faisait sentir.
  4. le produit d'une entreprise
    Même si les utilisateurs d'Ubuntu jouent un rôle important dans le packaging et la promotion d'Ubuntu, une équipe de développeurs payés permet de faire des choses qui rebutent des volontaires, comme s'engager a travailler sur des délais précis. Historiquement il semble que dans le logiciel libre, le développement d'interfaces graphiques ( et le desktop a été le fer de lance d'Ubuntu ) ait été traditionnellement pris en compte dans les versions "pros" développées par des programmeurs rémunérés , comme le montre le cas de Xen, MySQL. Les développeurs Ubuntu ont ainsi développe gnome-app-install un front-end graphique a apt-get très simple d'emploi.
  5. la prise en compte du phénomène communautaire des le debut
    Il fut un temps ou le topic du channel IRC #debian-fr sur freenode affichait lors de la connection:

    #debian-fr :Ce chan n'est pas un channel de support, ni d'entraide, ni rien, foutez le camp ||
    Si t'as besoin d'aide, c'est #debian-fr@oftc ou #debianfr ou #gcu||
    Merci de vous taire, vous ne servez à rien, alors fermez-là.||
    Ces propos ne doivent pas être pris pour insulte, on vous aime. sauf toi.

    Comme il l'explique sur la page du wiki Debian consacrée a Ubuntu, Benjamin "Mako" Hill a été embauche par Mark Shuttleworth spécifiquement pour organiser la communauté des utilisateurs et des développeurs, et donc prendre en charge les problèmes que peuvent susciter un topic de chat comme celui-ci. Venant de Debian où les "flame wars" sont fréquentes sur les listes de discussion, Mako a tout d'abord créé le Code de conduite Ubuntu pour la communication interne. Ce code de conduite reconnaît que les désaccords dans la communauté Ubuntu sont inévitables, mais essaye d'empêcher que ceux-ci deviennent des conflits majeurs.
    Ubuntu a aussi pris en charge lui meme la création de communautés locales d'utilisateurs, les LoCo teams via un Howto et un processus de validation qui les rend officielle vis a vis du reste du projet. Ces deux initiatives permettent rapidement au non-développeur de se sentir partie prenante du projet, sans savoir coder, et aussi de garder le controle sur les groupes officiels d'utilisateurs. Enfin Mako a mis en place les syndications de blogs pour Debian et Ubuntu qui sont devenus maintenant un des canaux de conversations courant des developpeurs.
Conclusion:
Ubuntu a finalement réussi là où Mandriva en France a globalement échoué, sur le terrain du user-friendly et de la communauté. Ubuntu cherche maintenant a étendre son développement dans le monde du serveur et de l'embarqué, usant en cela d'une stratégie faisant pensant a celle d'Opera. Opera propose gratuitement la version desktop de son navigateur web, et tire ses revenus de ses partenariats dans l'informatique embarquée. Reste a voir si ce mode de développement pourra fonctionner dans le cadre du logiciel libre.